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Toute organisation humaine fait référence à des valeurs pour guider son action.
Une organisation syndicale veut aussi transmettre et faire partager ses valeurs
à ses adhérents. Ce à quoi tient la CFDT est contenu tout entier dans le
préambule et
l’article 1
de ses statuts confédéraux (extraits en italiques ci-dessous). En résumé,
quelles sont les valeurs de la CFDT ?
Un syndicalisme confédéré.
C'est la réunion d’organisations syndicales ouvertes à
tous les travailleurs résolus (…) à défendre leurs intérêts communs.
Autrement dit soucieux de l’intérêt tant général qu’individuel. Ce syndicalisme
refuse les corporatismes et regroupe l’ensemble des salariés qu’ils soient
ouvriers, employés, cadres.
Un syndicalisme démocratique.
La CFDT attache une importance primordiale à la démocratie
: démocratie qui s’exprime dans le fonctionnement interne de la confédération en
assurant une large participation de ses adhérents aux décisions ; besoin vital
de démocratie dans la société qui doit assurer l’indépendance du pouvoir
judiciaire, l’objectivité de l’information, la possibilité d’accéder à tous les
niveaux de l’enseignement ; attachement également à la démocratie dans
l’entreprise qui doit donner aux salariés la possibilité de s’exprimer et de
participer à l’élaboration des revendications ; nécessité enfin de démocratie
dans le domaine politique, ce qui explique l’opposition de la CFDT à tout régime
autoritaire ou totalitaire.
Un syndicalisme de transformation sociale.
Il est fondé sur les exigences fondamentales de la
personne humaine et de sa place dans la société. Il s’agit d’un syndicalisme
acteur pour qui les changements sociaux ne sont pas à attendre des seuls
politiques mais qui prend en compte les réalités pour les transformer. Il est
donc constamment à la recherche de cohérence entre les revendications, les
propositions de solutions et les objectifs de transformation que l’on s’est
fixés. Ceci suppose aussi une nouvelle approche des relations professionnelles
privilégiant la confrontation par la voie contractuelle et la négociation. La
grève est considérée comme l’un des moyens du rapport de force pour faire
avancer la négociation.
Un syndicalisme d'émancipation.
Il promeut l’émancipation individuelle et collective, il
lutte pour les droits essentiels de l’homme, de la famille et des groupes.
Ce respect de la dignité et de la liberté des individus s’impose dans
l’entreprise comme dans la société. Sur le lieu de travail, l’action syndicale
ne se limite pas à la seule défense des salaires mais englobe aussi la lutte
pour de meilleures conditions de travail, des conventions collectives, la
réduction du temps de travail, le droit à l’expression pour les salariés, leur
promotion par une meilleure formation. Dans la société, tout individu doit
pouvoir arriver à des postes de responsabilité, développer sa personnalité en
assurant la satisfaction de ses besoins matériels et intellectuels par l’accès à
la culture. Ce besoin d’émancipation concerne aussi les femmes que la CFDT a
soutenues dans leur lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement et
soutient encore dans leurs revendications actuelles pour une plus grande égalité
avec les hommes et pour la mixité.
Un syndicalisme de liberté.
La CFDT est attachée à la liberté de conscience,
d’opinion et d’expression, …au respect des convictions personnelles,
philosophiques, morales ou religieuses, au droit de constituer des associations.
Un syndicalisme favorable au paritarisme.
Ce système clé des relations sociales est la confrontation
constructive entre gouvernement, patronat et organisations syndicales. Il
aboutit à une participation active de ces partenaires à l’élaboration et au
contrôle des décisions politiques et au contrôle du pouvoir économique.
Un syndicalisme pour la solidarité.
Ce syndicalisme est soucieux d’une plus grande solidarité
envers les catégories sociales, les régions et peuples les plus défavorisés
et exclut les inégalités. Solidarité nationale lorsque la CFDT plaide pour une
politique d’embauches en contrepartie de la réduction du temps de travail, pour
l’insertion des jeunes, pour la couverture maladie universelle. Refus des
inégalités lorsqu’elle lutte contre l’exclusion sous toutes ses formes ou la
marginalisation, lorsqu’elle lutte pour l’égalité des chances à l’école, pour
l’égalité entre hommes et femmes ou lorsqu’elle combat les discriminations
raciales. Solidarité internationale lorsque la CFDT apporte son soutien au
syndicat Solidarnosc lors des évènements en Pologne ou au peuple chilien pendant
la dictature de Pinochet.
Un syndicalisme d’adhérents.
C'est un syndicalisme solidement implanté sur les lieux
de travail. Il convient donc de donner aux salariés l’envie d’adhérer et de
motiver les militants pour solliciter de nouvelles adhésions. Cette politique a
porté ses fruits puisque le nombre d’adhérents augmente régulièrement depuis
quelques années.
Un syndicalisme autonome.
La CFDT estime nécessaire de distinguer ses
responsabilités de celles des groupements politiques et son indépendance à
l’égard de l’Etat, des partis, des églises. Cette volonté d’autonomie à
l’égard du politique s’est déjà manifestée après la deuxième guerre mondiale
lorsque certains dirigeants, anciens résistants, ont été tentés par un
engagement politique et que la confédération s’est prononcée pour le non-cumul
des mandats syndicaux et politiques, décision plusieurs fois débattue par la
suite mais toujours confirmée. Cette autonomie se manifeste encore aujourd’hui
par la volonté d’indépendance face aux partis et aux pouvoirs publics et par la
recherche de moyens pour impulser ou infléchir les décisions gouvernementales.
Quant à l’autonomie vis-à-vis du religieux, l’évolution s’est effectuée
progressivement et a abouti, lors du Congrès de 1964, à la
déconfessionnalisation, concrétisée par la transformation de CFTC (Confédération
française des travailleurs chrétiens) en CFDT (Confédération française
démocratique du travail).
Un syndicalisme développant l'esprit critique.
Il est soucieux de la formation de ses adhérents,
conçue non comme une formation individuelle mais avec l’idée de promotion
collective. Cette formation permet, en effet, à la fois d’accroître les
compétences des militants mais aussi de développer leur capacité d’analyse, donc
l'autonomie d'analyse nécessaire à leur esprit critique.
Un syndicalisme ouvert sur l’international.
Il prend ses responsabilités dans l’organisation
mondiale indispensable au développement des libertés, à la solidarité entre les
peuples et au maintien de la paix. La CFDT applique cette valeur lorsqu’elle
agit pour la paix entre les peuples, lorsqu’elle s’oppose à une mondialisation
forcenée qui ne prend pas en compte les nations les moins développées. Mais
cette ouverture sur l’international, confirmée par l’adhésion à la Confédération
Internationale des Syndicats Libres (CISL), se manifeste d’abord sur le plan
européen, où la CFDT apporte son expérience dans le cadre de la Confédération
européenne des syndicats (CES).
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